Dépistage : Formation de pairs-éducateurs au Burundi et en République centrafricaine

 

Dans le cadre des activités de la Plateforme Afrique centrale et de l’Est (PACE) de Coalition PLUS, près d’une cinquantaine de pairs-éducateurs ont bénéficié fin novembre d’une formation à différents outils de dépistage du VIH. Au Burundi, la PACE a formé les pairs-éducateurs à l’utilisation de l’autotest pour atteindre les personnes les plus éloignées du système de soin. En République centrafricaine, les pairs-éducateurs ont suivi une formation certifiante sur le dépistage communautaire démédicalisé.

 

Burundi : une formation à l’autotest de dépistage du VIH pour atteindre les populations plus vulnérables

Selon l’ONUSIDA, plus de 80% des personnes vivant avec le VIH au Burundi connaissent leur statut. Le pays est donc tout près d’atteindre les objectifs 90-90-90 fixés par la communauté internationale pour 2020. Cependant, il reste un effort à fournir pour atteindre les populations marginalisées, notamment les travailleuses du sexe et les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH).

L’un des avantages majeurs de l’autotest est la confidentialité qu’il garantit. Il permet également de surmonter la distance géographique et les contraintes de transport”, explique Martine Kabugubugu, chargée de plaidoyer à Coalition PLUS et à l’ANSS, association porteuse de la PACE. “Il s’agit donc d’un outil complémentaire de dépistage attractif pour ces groupes particulièrement touchés par l’épidémie de sida”.

Déjà introduit dans trois provinces du pays, l’autotest doit désormais être mise à l’échelle dans tout le pays. C’est dans ce cadre que l’ANSS, à travers la PACE, est intervenue pour la formation de 22 pairs-éducateurs. Grâce à cette formation, les participants-es ont pu renforcer leurs connaissances sur l’utilisation des kits d’autotest, mais aussi sur le counseling pré et post-test. Désormais, les personnes formées peuvent accompagner leurs pairs-es dans l’auto-dépistage du VIH. En cas de test réactif, le suivi et la confirmation faciliteront l’initiation précoce du traitement antirétroviral : un premier pas important pour briser la chaîne des contaminations.

République centrafricaine : rendre le dépistage du VIH plus accessible pour les populations-clés et les communautés fragilisées par les conflits

Plongée dans une situation d’insécurité, la République centrafricaine (RCA) accuse un retard en matière de lutte contre le VIH / sida. En 2017, la prévalence du VIH était estimée à 4% dans la population générale. Cette prévalence explose au sein des populations-clés : en 2015, on estimait qu’elle s’élevait à 9,1% chez les travailleuses du sexe et à 28,6% chez les HSH. Un peu plus de la moitié des personnes séropositives connaissent leur statut et 1 sur 3 seulement a accès à un traitement antirétroviral.  

Aujourd’hui, tous les intervenants de la lutte s’accordent pour dire que nous devons faire autrement si nous voulons mettre fin au sida”, affirme Jeanne Gapiya, Présidente de l’ANSS et du Comité de pilotage de la PACE, en conférence de presse à Bangui. “Si nous restons dans les schémas classiques, c’est-à-dire dépistage et prise en charge en charge en milieu hospitalier, nous ne pourrons pas relever les défis qui attendent la RCA. Il est important maintenant de compléter l’offre hospitalière en allant vers les communautés”.  

Pour atteindre cet objectif, la PACE a formé 27 pairs-éducateurs des organisations locales dont l’ANJFAS, membre de la Plateforme, en matière de dépistage communautaire démédicalisé. Dans un premier temps déployé à Bangui, ce dispositif de renforcement de capacités Sud-Sud devrait idéalement être étendu à l’ensemble du territoire national.

En marge de la formation, la PACE a mené des rencontres de plaidoyer afin de promouvoir la pérennité de l’action. Ainsi, Cordaid et la Croix-Rouge française se sont formellement engagés à fournir à ANJFAS le matériel nécessaire pour le dépistage. Par ailleurs, la conférence de presse tenue par la PACE a réuni les représentants du Conseil national de lutte contre le sida et de l’Onusida.